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Les Amis d'Hermès

Les Amis d'Hermès

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait !

Verre d'antimoine

Publié par Yann Leray sur 20 Décembre 2016, 10:55am

Catégories : #Laboratoire

 

L’opération est décrite dans l’ouvrage de Basile Valentin :

« LE CHAR TRIOMPHAL DE L'ANTIMOINE » :

« CHAPITRE III DE LA CALCINATION DE L’ANTIMOINE ET DE SA RÉDUCTION EN VERRE CLAIR ET NET

Prenez du meilleur antimoine de Hongrie, ou autre, que vous pourrez trouver, et le pulvérisez sur une table de marbre ou de porphyre, le plus subtilement qu’il vous sera possible. Et vous le mettrez ainsi pulvérisé dans un vase de terre qui soit large, délié et presque plat (de manière que cette poudre d’antimoine soit éparse et comme parsemée, et non pas en monceaux). Ce plat ou vaisseau de terre, qui ne doit avoir les bords que de deux travers de doigts de hauteur, sera mis dans un fourneau calcinatoire, sous lequel il faudra faire au commencement un feu modéré avec du charbon. Et quand vous verrez que l’antimoine commencera à fumer, vous le remuerez sans intermission avec quelque instrument de fer; ce qu’il faudra continuer jusqu’à ce qu’il ne fasse plus de fumée ou de vapeur. Et quand vous verrez qu’en le calcinant ainsi il s’amassera ensemble et s’attachera comme de la neige et comme une boule, il faudra le tirer hors du feu et le laisser refroidir; le broyer derechef subtilement et le remettre de même sur le feu ; le remuer et calciner de nouveau comme auparavant, et continuer ainsi à le calciner et remuer jusqu’à ce qu’il ne fume plus du tout et ne s’attache plus ensemble et demeure en sa couleur blanche comme de la cendre blanche. Et alors la calcination sera achevée.

Vous le mettrez ensuite dans un vase de terre semblable à ceux que les orfèvres prennent pour fondre l’or et l’argent; et le mettrez au fourneau à vent, ou dans un autre fourneau près du soufflet. Et vous lui donnerez telle ardeur en soufflant que l’antimoine se fonde et soit aussi coulant que de l’eau claire et nette.

Et quand vous voudrez savoir et éprouver si le verre d’antimoine a acquis sa vraie consistance et sa couleur transparente, mettez dedans votre creuset de terre une verge de fer longue et froide, et le verre d’antimoine s’attachera au bout. Lequel vous détacherez avec un marteau. Et s’il paraît beau et transparent et clair au jour, alors le verre sera parfait. Ce que doivent bien observer les jeunes disciples et étudiants en l’art spagyrique — car je n’écris pas ceci pour ceux qui sont déjà versés en la pratique — lesquels doivent savoir qu’il n’y a rien de plus facile que de préparer le verre d’antimoine, et que tout le verre qui se prépare d’autres métaux et minéraux doit aussi avoir sa couleur claire et transparente si on veut s’en servir en la médecine et si l’on veut aussi qu’il ait les facultés qui lui sont requises et nécessaires ; ce qui s’opère entièrement par Vulcain et les propriétés qui lui sont naturelles. Lorsque l’antimoine sera ainsi réduit en une consistance de verre, prenez un plat ou une écuelle de cuivre ou de laiton ; faites-le premièrement chauffer sur le feu — autrement il se romprait — et versez ainsi votre antimoine fondu dedans ce plat peu à peu, le plus menu que vous pourrez; et vous verrez qu’il se réduira en un verre jaune, transparent, clair et net.

Voilà la méthode la plus assurée et la meilleure pour préparer le verre d’antimoine, pur et sans mélange d’aucuns autres ingrédients. Et ce verre a plus de vertu que pas un autre. Je l’appelle le verre net d’antimoine, […] »

 

Dans la pratique :

 

1 – Préparation :

Prendre de l’antimoine (stibine) de qualité et le réduire en une poudre très fine dans un mortier en acier ou d’une matière solide.

 

2 – Calcination :

Dans cette étape nous allons séparer les trois principes : Sel, Souffre et Mercure.

La partie qui nous intéresse est le Sel d’antimoine.

Pour cela mettre la poudre d’antimoine dans un plat résistant à la température et chauffer doucement. Une plaque électrique pourra parfaitement faire l’affaire pour cette étape.

Monter la température vers 100°C.

Une fumée va alors s’en échapper, c’est le Mercure d’antimoine, soit de l’arsenic !

L’arsenic est un poison ! Donc toute l’opération doit se faire en extérieur, dans un endroit ventilé, et on évitera de mettre la tête au dessus et d’en respirer les vapeurs…

Puis une odeur caractéristique du souffre chimique sera bien perceptible, accompagné d’une fumée blanche, c’est le Souffre de l’antimoine. Il est indispensable de remuer très régulièrement pour éviter une agglomération de la poudre.

Quand la fumée disparaît, augmenter doucement la température jusqu'à son maximum, toujours en remuant régulièrement.

Mettez le tout sur un tripatte à gaz et augmenter le feu progressivement tout en remuant.

La poudre d’antimoine va progressivement s’éclaircir. Quand cela ressemblera à de la cendre grise, la séparation des principes sera suffisante pour passer à l’étape suivante.

 

3 – La fusion :

Placer votre Sel d’antimoine dans un creuset et refermer avec son chapeau.

Placer votre creuset dans un four à gaz ou dans un feu de roue. La température doit avoisiner les 1000°C.

Après un certain temps, plonger dans votre creuset une tige d’acier, laisser refroidir hors du creuset et cassez le verre qui s’y est fixé. Vous pourrez ainsi juger de la transparence du verre d’antimoine.

 

4 – La coulée :

Quand la couleur et la transparence seront celles que vous recherchez (rouge sombre, vers l’orange, le jaune, et pouvant aller jusqu'à la transparence complète), versez le tout sur une plaque de cuivre ou de marbre.

 

 

Comme toutes opération en alchimie, vivez pleinement les étapes… Elles ne sont pas anodines…

L’antimoine est le métal de notre planète, sur laquelle on repose… Donc si vous purifiez de l’antimoine, vous vous purifiez vous-même ainsi que le lieu où vous oeuvrez…

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