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Les Amis d'Hermès

Les Amis d'Hermès

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait !

L’esprit des plantes ou la théorie des signatures

Publié par Yann Leray sur 8 Avril 2017, 09:41am

Catégories : #Articles

Etre au service des plantes et non plus se servir d’elles comme de simples remèdes, permet un enseignement riche en découvertes ! Prendre conscience que chaque plante a un langage, qu’au delà de sa beauté, de ses vertus médicinales, de sa « réputation », elle est aussi et surtout un esprit qui demande à être connu et aimé en tant que tel... voilà ce que nous propose Katell Gut....

Tenter de reconnaître la signature d’une plante, demande ouverture d’esprit, concentration, de faire silence en soi, d’observer la plante et de l’accueillir à l’aide de nos cinq sens. Et aussi, d’éviter, dans un premier temps de la rencontre, de la nommer, de la juger belle ou pas, de la réduire à un usage thérapeutique connu, à des recettes du genre : c’est bon pour ceci ou pour cela, ou encore de la stigmatiser en la réduisant à un poison violent (souvenons nous que bien souvent ce sont des plantes dites vénéneuses qui sont à l’origine de grands remèdes). La manière d’être qui convient pour vivre cette approche des plantes tient plus de la méditation, de la célébration, que du savoir du botaniste ou de l’herboriste.

Lire la signature du pissenlit va nous amener à passer du « se servir de... » à la notion d’« être au service de... » et c’est la plante qui nous l’enseigne. Un rapport psychique s’instaure entre la plante et soi, quand on prend la peine d’une observation consciente et attentive.

Il est possible à tout un chacun de s’initier à cette sorte d’alphabet universel qui a été mis aux oubliettes et méprisé par les tenants de la pensée rationnelle dite scientifique, celle-ci a dominé dans les esprits depuis 2000 ans, préférant développer les compétences du cerveau gauche (intelligence analytique et spéculative, plus focalisée sur l’anatomie que sur la physiologie) au détriment du cerveau droit, et donc de l’équilibre interne et externe de l’être humain.

Heureusement, les artistes, les chamans « de tous poils », les paysans d’autrefois amoureux de la terre et des « simples », ont su garder actif leur cerveau droit pour saisir de manière synthétique, globale, instantanée, ce que la réalité environnementale leur donnait à penser.

Nos ancêtres, grâce à leur proximité de la nature savaient sans toujours en avoir conscience, se relier au monde végétal et à l’aide d’expérimentations culinaires ou autres, confirmer les impressions thérapeutiques que leur adressaient certaines plantes dites médicinales ; c’est ainsi que sont entrés dans le patrimoine culturel les remèdes dits de « bonne fame* » ; c’est ainsi que le docteur Edouard Bach a su découvrir des plantes, qui prises sous forme d’élixir floral, sont apaisantes pour des états d’âme perturbés.

 

Les trois clefs de la théorie des signatures :

L ‘Humain, être vivant

L’idée essentielle est de considérer l’être humain en tant qu’être vivant, qui participe à la nature, comme tous les êtres vivants, qu’ils se présentent sous forme minérale, végétale ou animale. L’homme témoigne par toutes ses cellules de l’appartenance au vivant et doit donc pouvoir tout naturellement se relier à ses « petites sœurs », les plantes curatives, comme disent si joliment les Amérindiens.

Dans une toute première impression, ressentir l’alternance ; selon Goethe, cela va nous permettre de prendre conscience du mouvement continu de la vie, qui conduit de la contraction ou dynamique centripète (manifeste dans les racines, les graines) à l’expansion ou dynamique centrifuge (manifeste dans la fleur, le fruit.), en passant par une phase intermédiaire d’échanges (manifeste dans la tige et les feuilles). Il est bon de ressentir ce processus en soi, comme une valse à trois temps, où ce qui se crispe, et se concentre, est suivi d’une phase intermédiaire, avant d’aller vers une expansion...

Une plante est médicinale quand elle se caractérise excessivement dans un de ces processus et nous invite à ressentir une correspondance avec une fonction de notre propre physiologie, sachant que ce qui est dur, rétracté a à voir avec notre système nerveux (la pensée), ce qui échange, avec notre système rythmique et les échanges respiratoires ou cellulaires (le cœur, les émotions), et ce qui se dilate avec notre système métabolique (l’agir).

 

Les 4 éléments

Dans une deuxième impression, aller à la rencontre des correspondances entre la plante et nous, en s’appuyant sur la dynamique des 4 éléments, sachant que pouvoir maintenir les 4 dynamiques « feu, air, eau et terre » en équilibre en soi, est un gage de bonne santé.

Chez l’être humain, le feu est en analogie avec sa digestion, sa fonction de reproduction, son métabolisme et son enthousiasme dans la vie ; une plante « feu » aura des couleurs chaudes, vives, une texture rêche, poilue, des feuilles ciselées, une odeur aromatique, comme par exemple l’ortie ou le millepertuis et les plantes aromatiques.

Chez l’être humain, la vibration « terre » s’exprime dans ses os, le système nerveux, le catabolisme ; les plantes, qui ont une signature « terre » ont des tiges ou des fruits ligneux, des une texture froide et rigide, des formes en cloches, souvent retombantes, une odeur âcre, pénétrante, une saveur astringente, âpre, amer...comme chez les chénopodacées (épinard, bette..) ou les plantes qui contiennent des alcaloïdes (bryone, belladone).

La vibration « eau » se reconnaît dans l’homme au niveau de la lymphe, du sang, du liquide interstitiel (80% du poids total !) et la plante traduit sa signature « eau »par des couleurs pastels, argentées, verdâtres, des formes rondes ou ondulées, une texture fraîche, une odeur fade et une saveur insipide ou acidulée ; comme chez toutes les plantes qui poussent au bord de l’eau (sureau, aulne, saule...).

L’air dans l’humain est vécu dans sa respiration pulmonaire et cellulaire ; la plante « air » aura des fleurs délicates, tendres, harmonieuses au couleurs variées et douces, des formes rayonnantes, aérées, volubiles, des feuilles fines, évoquant des plumes d’oiseaux, une odeur agréable souvent légère, comme dans la grande famille des ombellifères (carotte sauvage, achillée).

 

Les plantes et les planètes du système solaire

Pour comprendre le troisième niveau de correspondances entre la plante et l’être humain, laissons une nouvelle fois la parole à Goethe, pour qu’il nous ouvre les portes du ciel, par son inspiration de poète et de philosophe quand il dit que les fleurs sont des étoiles tombées du ciel sur la terre, et allons à la rencontre des analogies entre les planètes et les plantes.

- Chez l’humain, la dynamique « lune » se lit dans l’appareil uro-génital et dans son inconscient; chez les plantes, elle s’exprime quand les racines ont des formes de bulbe (ail, oignon), les feuilles, des formes arrondies, des couleurs délavées, et quand l’ensemble donne une impression de stagnation, de caché et lent à se développer, souvent relié à l’eau, à ce qui est en gestation au sein de la « Terre-mère ».

- La planète « mercure » s’exprime dans les échanges et le mouvement ; les plantes sont grimpantes (chèvrefeuille), rampantes (lierre terrestre), des manières de liane (lierre, tamier). L’homme vit son « mercure » dans la respiration, les échanges à tous les niveaux.

- Les plantes reliées à « vénus » offrent des fleurs délicates aux parfums subtils et complexes, et la plus expressive d’entre elles est la rose ; elles donnent l’impression de s’offrir à la lumière (l’églantier, l’anémone, la pensée, le coquelicot...) le lien se fait au niveau de l’appareil uro-génital et de la sensibilité émotionnelle, notamment dans la forme du don , du désir de vivre et d’aimer.

- C’est dans le cœur, au centre de soi que s’exprime la dynamique solaire, elle renforce l’axe central de la personne et sa conscience d’être ; les plantes qui ont une tige bien érigée, une fleur au sommet qui est d’or et semble rayonner (tournesol, souci, millepertuis).

- La plante marsienne a des épines, regarde dans toutes les directions, les abeilles la visitent pour butiner sont pollen abondant, elle traduit un élan vital et a des couleurs vives (ortie, asphodèle, bardane). Dans le corps, la vésicule biliaire a une affinité avec mars, et sur le plan psychique, mars dit l’envie d’agir et d’envahir.

- Jupiter est le grand architecte, qui signe la maturité, la générosité et l’abondance ; cette planète offre sa signature dans les ombellifères, la sauge, les arbres fruitiers ; et est traduite dans le corps au niveau du foie et de l’agir mais par le don.

- Pour aller au bout des correspondances, il faut chercher les analogies avec le maître du temps, qui gère les cycles de « vie-mort-vie », selon la formule de C.P. Estès, et venir à la rencontre de « saturne ». Les plantes saturniennes ont beaucoup de graines, avec des enveloppes sèches et dures ; elles ont des formes concentrées, repliées, dépouillées et sombres, des odeurs narcotiques, et s’expriment par le violet et le bleu nuit (campanule, vipérine, consoude, aconit). Saturne est relié chez l’être humain à la rate, aux os, et au système nerveux central ; dans la psyché, il délivre un message de retour sur soi et de capacité à ne retenir que l’essentiel dans la vie.

 

En conclusion, la théorie des signatures, par ce jeu de correspondances et d’affinités retrouvées, entre les plantes et nous via ces trois « clés », entraîne la personne sur un chemin de conscience. Là, en accord avec son environnement, qu’elle respecte, qu’elle aime parce qu’elle y perçoit des liens de parenté, elle se connecte à elle-même et devient naturellement l’être responsable, debout, « solaire » qu’elle est en réalité.

 

*de l’anglais « fame » : la gloire.

 

Catherine-Katell GUT

 

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